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CHAPITRE 2

CHAPITRE 2
Ich bin frei im freien fall - Ich kann nicht mehr anders

Sur mon portable, il est 7h40. L'avion atterrit avec toute la douceur dont il est capable. Je souffle un grand coup. Me voilà arrivée en Allemagne. Dans ce pays que j'ai tant rêvé visiter, ce pays dans lequel j'aurais tant aimé naître et grandir, ce pays où ils vivent. Leur pays. Oh gott... Mon c½ur bat à mille à l'heure. Dans quelques minutes, je vais poser le pied pour la première fois sur le sol allemand... Je descend, fondue au milieu des autres passagers, essayant de modérer mon c½ur qui s'affole. Me voilà donc arrivée à Magdeburg. Il faut que j'arrête de le penser sinon je vais vraiment hurler. Magdeburg...

Une petite heure plus tard, après avoir récupéré mes affaires, je sors de l'aéroport avec en bouche un goût inimitable de liberté. Je suis seule en Allemagne et j'ai la vie devant moi. Ou presque. Je parcoure les rues de Magdeburg, le sourire aux lèvres, le MP3 dans les oreilles. Le soleil brille, mon c½ur palpite dans la fraîcheur matinale, je commence à chantonner.


Leeeeeeeeeb' die sekunde, hier und jetzt, halt si feeeest !
Leeeeeeeeeeeeeeeeb' die sekundeee, hier und jeetzt, halt sie feeest !
Sonst ist sie weg ! Sonst ist sie weg !


Quelques passants me jettent un regard amusé que je leur rend. Je sens la joie envahir chaque parcelle de mon corps. C'est ça le bonheur ?

Scheiß auf gestern und erinner' dich an jetzt
Bevor du es vergessen haaast


Je pleure sans vraiment savoir pourquoi, sans être triste. Ca me soulage plus que ça ne m'attriste. Je sens que c'est ma tristesse et mon désespoir qui s'en vont avec ces larmes. Je continue à chanter, puisque maintenant, chaque seconde m'appartient...

Die zeit läuft - die zeit läuft - die zeit läuft
Halt sie auf !


Je m'interromps dans mon récital devant la vitrine d'un café à l'air convivial d'où sors une irrésistible odeur de croissants chauds. Je pousse la porte. C'est parti pour une cure de ma langue favorite...

- Guten morgen !

Les mots me viennent tout de suite à la bouche, sans que j'aie besoin de les chercher. Je sais ce que j'ai à dire, comment le dire et avec quel accent.

- Je voudrais un petit déjeuner, s'il vous plaît !
- Pas de problème, installez vous à cette table, là... Quelle formule vous prenez ?
- La plus grosse, je suis affamée !

Il rit. Un rire chaleureux qui vous met tout de suite à l'aise, qui vous enveloppe dans sa gaieté amicale.

- Très bien, mademoiselle ! Je vous apporte ça tout de suite.

Je me laisse aller sur le dossier de la chaise. Sors de mon sac un roman policier offert par mon père. Je me plonge dans la lecture. Le patron du bar revient, portant un immense plateau recouvert de plusieurs assiettes : fromages, charcuterie, pain de toutes sortes, ½ufs sur le plat et à la coque, toast grillés, saucisses, viennoiseries en tout genres et une tasse d'un cappuccino qui m'a l'air tout bonnement délicieux. Il pose tout ça sur la table. Remarque le roman que je tiens en main.

- Vous êtes française ?
- Oui.
- Je me disais aussi que vous aviez un petit accent ! Mais ne vous inquiétez pas, rien de grave ! Allez, bon appétit...
- Merci !

Je m'attaque au petit déjeuner. Une demie heure plus tard, je bois la dernière goutte de cappuccino. Sur la table, il ne reste que les assiettes et quelques miettes. Je paye le barman et ressors dans la rue. Il est maintenant 9 heures 30 et les rues sont un peu plus animées. Je flâne tranquillement, écoutant toujours ma musique. Jusqu'au moment où je remarque un hôtel deux étoiles qui me semble relativement correct, dans lequel je m'engouffre. Comme les tarifs n'ont pas l'air exagérés, je demande une chambre pour un mois, que l'on m'offre sous la forme d'une clé portant le numéro 32. Une chambre au troisième et dernier étage, avec balcon, lit double et salle de bain, donnant sur la rue. Je monte. Qui a eu la fâcheuse idée d'oublier l'ascenseur ? Tant pis, ça me fera faire du sport... J'installe ma valise dans un coin de la pièce et l'ouvre. J'en sors d'abord mes accessoires de survie... Une bonne douzaine de bouquins. Une photo de ma famille au grand complet, une de ma Clo, une de mes deux s½urs, quelques unes de mes amies que j'accroche au mur qui fait face à mon lit. Puis quelques photos format A4 des TH. Une de Tom endormi, une de Bill en pleine chanson, une de Gustav torse nu, une de Georg les cheveux dans le vent et enfin une d'eux quatre en concert. Magnifique. J'accroche tout ça un peu partout et dépose sur la table de nuit la moitié de carte postale aux bérets multicolores. Ah, cette carte...


Ce jour là, Clotilde et moi devions avoir 10 ans. Nous avions visité avec mes parents un musée sur l'Egypte antique, à Paris. Après les avoir devancés tout le long, nous sommes arrivées à la fin de l'expo une demie heure avant eux. Demie heure que nous avons mise à profit pour remplir le livre d'or de mots anonymes tous plus débiles les uns que les autres et pour visiter de fond en comble la boutique du musée. Une fois reparus, mes parents ont eux aussi fait le tour de la boutique. C'est alors que ma mère, nous voyant fascinées par un tourniquet de cartes postales, nous demanda si nous en voulions une. Un quart d'heure plus tard, après avoir beaucoup hésité et discuté, ma cousine et moi nous décidions pour une carte postale représentant une multitude de bérets multicolores, bien alignés. Une carte pour nous deux. Arrivées chez Clo, nous avions tout de suite écrit au dos de la carte les mots suivants :

<Cette carte marque l'amitié entre Clotilde et Viviane pour toujours
Nous serons toujours là l'une pour l'autre
Et notre amitié de ne se brisera jamais
Puis nous avions signé toutes les deux et coupé la carte en deux, chacune choisissant la moitié qu'elle préférait. Depuis, nous avions toujours gardé cette moitié de carte précieusement, trésor plus cher que n'importe quoi d'autre à nos yeux. >

Je me lève du lit et vais me passer de l'eau sur le visage. Pourquoi faut il que mes larmes soient si tenaces ? Pourquoi faut il qu'elles reviennent à l'assaut encore et toujours ? Pourquoi ce flot de sel qui s'échoue sur mes joues ne s'est-il pas encore tarit ? Je sors de la chambre en chancelant. Il faut vraiment que je me change les idées. Je sors mes écouteurs. Vite, ma musique, avant que je ne repense à elle... Je dévale les trois étages en courant, mon pas se faisant plus léger à chaque marche descendue. Une fois sortie de l'hôtel, j'explore les rues du centre ville en chantonnant. Je m'arrête dans une supérette. Le petit déjeuner qu'on m'a servit était délicieux, cependant il manquait quelque chose... Je parcoure les rayons, avant de trouver enfin ce que je veux. Un énorme pot de nutella. J'achète également une petite cuillère, fourre le tout dans mon sac à dos et sors du magasin. Sur le trottoir, quelques mètres plus loin, un petit vieux attend, assis devant un étalage de vieilleries qu'il a disposé sur une vieille table à tréteaux. Je m'approche. Je distingue des assiettes peintes poussiéreuses, des soldats de plomb, des livres aux pages rongées par l'humidité, un vieux parapluie noir et là, au milieu de toutes ces vieilleries...

- Monsieur, je demande, c'est combien pour le bâton à bulles, là ?
- Je vous l'offre, demoiselle.

Il me le tend avec un sourire. Je le prend en le remerciant chaleureusement. Avant de m'éloigner, je lui demande :

- Dites, vous savez quand passe le prochain bus pour Loitsche ?
- D'ici deux minutes, à la gare routière. Si vous voulez l'avoir, je vous conseille de courir !
- Merci m'sieur ! Aurevoir !

Je m'en vais en courant dans la direction qu'il m'a indiquée. Mon souffle s'accélère, mes joues rougissent sous l'effet du vent et de l'effort.


Pourrais-je avoir des atres comm's que ceux de Laura ?

# Posté le mercredi 07 novembre 2007 14:57

Modifié le samedi 10 novembre 2007 04:39

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