CHAPITRE 5

CHAPITRE 5
Ich weiß nich' mehr wer ich bin - Und was noch wichtig ist
Das ist alles irgendwo, wo du bist

Une goutte froide tombe sur mon front, faisant s'ouvrir mes yeux. Eblouie par le soleil, je les referme aussitôt, ayant eu le temps d'apercevoir un paysage que je connais bien mais qui n'est pas celui dans lequel je me réveille ordinairement. Pourquoi j'ai dormi dans le parc ? Mes souvenirs se reconstituent, je me souviens d'avoir pleuré longtemps, allongée sur ce banc. Où je me suis endormie... -_-' Je me redresse en position assise. La veste qui me recouvrait glisse de mes épaules. La veste ? Une grande veste noire qui doit m'arriver aux genoux et me rappelle vaguement quelque chose. Une bonne âme m'aura vue dormir et, prise de pitié, recouverte de sa veste. C'est gentil ça. Je jette un ½il à ma montre. Elle indique 8h30. Si mes souvenirs sont bons, le bus de 8 heures passe à... 8h30, justement. Un vrombissement de moteur confirme mes pensées. Je range mes affaires à la hâte, mets la veste et mon sac sur mon dos et monte. Le chauffeur me salue avec un air surpris. Surpris de me voir ici à 8h30 (du matin) alors que d'ordinaire, il m'y voit à 20h30... Je lui souris vaguement et vais m'asseoir à ma place habituelle, au fond, près de la fenêtre de droite. Vingt minutes plus tard, je suis dans ma chambre, allongée sur mon lit, les yeux vides, la tête vide, le corps vide. Je suis vidée de tout. D'espoir, de détermination, de joie, de vie. Je ne bouge pas. Je ne mange pas. Ne parle pas. Ne dors pas. Ne pense pas. Je ne pleure même pas. Les yeux grands ouverts, j'observe le plafond sans le voir, ne sentant que la douleur de mon c½ur brisé. A vingt heures, je me décide quand même à me lever. Je me dirige vers la salle de bain, me douche, enfile un pyjama. Quand je reviens, je prends dans mon sac le pot de nutella de la vieille et mange quelques cuillérées avant de m'allonger à nouveau en travers de mon lit et de m'endormir ainsi. La journée du lendemain s'étire lentement. En fait, je ne détermine même plus si le temps passe vite ou lentement, je me contente de rester allongée là, sans rien faire, à souffrir en silence. Le troisième jour s'écoule de la même manière. Tout comme le quatrième. Puis le cinquième. Au matin du sixième jour, on frappe timidement à ma porte. Je répond par un petit grognement et vois entrer le patron de l'hôtel, portant un plateau bien garni. Il s'adresse à moi. J'essaye de rassembler mes forces pour comprendre ce qu'il raconte...

-Excusez moi, mademoiselle, mais ça fait cinq jours qu'on ne vous voit plus, on peut pas vous laisser dépérir comme ça... Je vous ai apporté un petit déjeuner. Mangez, s'il vous plaît, ça vous rendra les idées claires.
-Merci. Merci beaucoup.

Il m'adresse un sourire et s'en va, fermant doucement la porte derrière lui. Je regarde le plateau qui répand son odeur divine jusque dans mes narines. Je me jette dessus, perdant le peu de dignité qui me reste, et dévore tout avidement. Je jette un ½il autour de moi, découvrant une chambre plongée dans l'obscurité, à l'odeur renfermée. Je me lève, ouvre les volets et vais prendre une douche. Une fois sortie, je m'habille avec soin et sors dans l'air du matin. Pourquoi faut il toujours que se soient d'autres personnes qui m'ouvrent les yeux ? Pourquoi je n'arrive pas à me rendre compte du mal que je me fais par moi même ? Je prends directement le bus, n'attendant pas la fin de matinée. J'ai besoin du parc, de Gustav, des arbres et du calme. Je crois que j'ai surtout besoin d'écrire. Sitôt arrivée, je noircis le maximum de feuilles possible. Ecrivant à toute vitesse, maculant mes doigts d'encre, comme pour rattraper le temps perdu. Un souffle chaud sur mes genoux me fait lever la tête pour découvrir un magnifique chien qui m'observe, langue pendante, en quête de caresses. Un magnifique labrador noir. Je le caresse à pleines mains, lui gratouille le ventre, tripote son museau et ses oreilles, lui parle longuement, joue un peu avec lui. Et puis, tout à coup, il tourne la tête comme s'il venait d'entendre un bruit très important dans cette direction, me jette un regard et s'en va, trottinant dans la direction vers laquelle il a tourné la tête. Je retourne à mon crayon avec un sourire triste et un clin d'½il complice à Gustav. Vers 17h, je range mes affaires dans mon sac et sors du parc. Gustav me regarde partir avec une petite bouille qui semble signifier « Tu reviens bien demain, hein ? ». Je marche dans les rues, mon MP3 dans les oreilles, sur une chanson de circonstance : « Boulevard of broken dreams ». C'est la première fois que je me retrouve totalement dans cette chanson. Est-ce ici, le boulevard des rêves brisés ? Est-ce ici que je suis condamnée à marcher seule ? Je laisse suinter ma douleur le long de mon c½ur, je laisse couler mes larmes sur mes joues, je laisse Billie Joe chanter sa solitude dans mes oreilles. Non, finalement, je me joins à lui pour la chanter.

I walk this empty street
On the boulevard of broken dreams
Where the city sleeps
And I'm the only one
And I walk alone

I walk alone – I walk alone


Quand la chanson se termine, je la remets au début, encore et encore. Je chante, je chante et à chaque mot j'ai l'impression que les forces avec lesquelles je chante sont les dernières qui me retiennent encore de partir rejoindre ma cousine. Je chante et je marche. Je ne regarde pas autour de moi, le regard fixé sur les pavés du trottoir. Les mains enfoncées dans les poches de ma veste. La veste. Cette veste qui sent si bon, une odeur de gentillesse, de chaleur humaine. Cette veste qui me tient si chaud, au corps en même temps qu'au c½ur. Cette veste à laquelle je me suis attachée. Un sourire triste étire à nouveau mes lèvres. En deux semaines, je me suis fait quatre amis : un vieil homme qui vend des antiquités sur un trottoir, un écureuil roux qui me fait irrésistiblement penser au batteur de Tokio Hotel, un labrador noir et une veste, noire elle aussi. Je peux peut être rajouter le propriétaire de cette veste, même si je ne le connais pas...

POV Bill
Je caresse la tête de notre chien avec reconnaissance. Il me lèche la main, m'adressant comme un grand sourire innocent.

-Raaaah Scotty, t'es enfin rentré mon gros pépère ! Mais t'étais passé où enfin ? C'est pas bien de traîner comme ça dans les rues sans personne... Heureusement que tu t'es pas perdu hein... Hein mon gros toutou d'amour ?

Le labrador se laisse câliner avec force « Gnourf » de contentement. Je le laisse s'étendre dans un coin de ma chambre. Quelques minutes plus tard, j'entends Tom m'appeler depuis l'escalier.

-Biiiiill ! Cette fois-ci, on y va !
-J'arrive frérot...

Il traverse le couloir, ouvre la porte de ma chambre en coup de vent. Je suis assis sur mon lit, relisant les chansons que j'écris depuis trois semaines. Je semble tellement désespéré à travers ces chansons... Heureusement que Tom est là, sinon je sais pas ce que j'aurais fait. Justement, il m'observe depuis la porte.

-Bon, alors t'es prêt ?
-Oui, oui, j'arrive !

Je me lève et le suis à l'extérieur. Depuis presque une semaine, il m'entraîne avec lui pour de longues promenades dans notre village natal. Et je dois avouer que ça me fait un bien fou. L'air frais, les souvenirs qui nous reviennent à chaque coin de rue, les longues discussions avec lui, nos fous rires, nos silences complices ou nous n'avons pas besoin de parler pour comprendre l'autre. Pour le moment, nous marchons en silence, nos bras se frôlant de temps à autres. Je devine qu'il va encore me reparler d'elle. Cette fille qu'il a vue dans le parc, sur le banc situé sous le grand peuplier. Pas manqué...

-Tu sais Bill, je me demande ce qu'elle est devenue cette fille... Elle avait l'air tellement désespérée...
-En plus, elle t'as embarqué ta veste !
-Mais on s'en fout de ma veste ! J'en ai plein... Tu te rend pas compte de l'état dans lequel elle était !
-Tom, on ne la reverra sans doute jamais, arrête de te monter la tête avec ça.
-Tiens, faudrait aller chercher le pain...
-Pas question que je croise à nouveau cette boulangère ! La dernière fois, sa fille a failli m'arracher la tête !
-Bon, eh ben c'est moi qui me coltinerais les autographes...
-Merci beaucoup de m'épargner ça. Je t'attends sur le boulevard.
-A tout de suite alors.
-Bonne chance !

Je le regarde pénétrer dans la boulangerie, avant de m'éloigner le plus vite possible vers la plus grande rue de Loitsche, surnommée « le boulevard », mais qui est loin d'avoir la taille d'un boulevard de Berlin ou d'Hambourg... Je me faufile par un passage entre deux immeubles qui y mène directement et m'adosse au mur, près de l'extrémité qui donne sur le boulevard. Au bout de quelques minutes de solitude silencieuse, une voix me parvient. Elle chante. Je suis frappé du désespoir qui l'habite. Elle se rapproche de moi et je reconnais cet air, c'est « Boulevard of broken dreams » de Green Day. Sans prendre la peine de regarder la personne qui chante, je joins ma voix à la sienne, modulant les mots mélancoliques de la chanson. Quelques instants plus tard, rongé par la curiosité, je passe tout de même la tête par l'ouverture. Sur le trottoir d'en face, les mains dans les poches d'une large veste noire, la tête baissée sur les pavés, larmes sur les joues, écouteurs dans les oreilles, une jeune fille qui doit avoir à peu près notre âge marche doucement en chantant.

# Posté le dimanche 18 novembre 2007 06:20

CHAPITRE 6

CHAPITRE 6
POV Bill


Draussen wirds schon hell – Doch ihre Nacht endet nicht
Irgendeine Hand - Streicht über ihr Gesicht
Immer wenn es weh tut - Ist sie ganz allein
Doch nach dem letzten Mal – Hat sie nicht mehr geweint


Je frissonne. Vous savez, ce frisson qui prend source dans votre cou, au plus profond de vous et vous parcoure jusqu'au bout des doigts de pied. Ce frisson qui ne vient pas de la température extérieure, mais de votre inconscient. La fille marche avec difficulté, comme si chaque pas lui coûtait ses dernières forces, comme si elle manquait de s'écrouler après chaque effort. A ce moment, je comprends ce qu'a ressenti Tom en la voyant, tout en elle est chargé de désespoir, de mélancolie, de découragement. On dirait qu'elle a cessé de croire en tout, cessé d'exister vraiment. Tom arrive derrière moi. La voit à son tour. Il me lance un regard inquiet, avant de s'engager sur le boulevard. Nous marchons tranquillement jusqu'à elle. Les yeux toujours baissés sur le sol, elle ne nous voit pas, continue à chanter en pleurant. Nous posons au même instant une main sur son épaule. Elle lève doucement la tête. Ses yeux verts chargés de désespoir se posent sur nous, s'agrandissent légèrement. Sa bouche s'entrouvre, un soupir en sort, un sourire s'y forme. Au ralentis, ses paupières se ferment, faisant perler deux larmes au même instant, pile aux coins des yeux. Toujours très doucement, comme suspendue hors du temps, elle commence à tomber. Ses jambes fléchissent, son dos s'arque légèrement, sa tête bascule. Elle tombe gracieusement dans les bras de Tom. Celui-ci l'étend sur le trottoir, lui tapote la joue sans résultat. Je m'approche. C'est alors que je remarque, au même moment que mon frère, ce que nous ne pouvions voir depuis l'autre côté de la rue. Sur son front anormalement pâle perlent des gouttes de sueur. Je passe ma main sur ce front pour la retirer aussitôt.

-Elle est brûlante !

Tom lève vers moi un regard inquiet, essuie la sueur et les larmes de la jeune fille et se lève, la tenant toujours dans ses bras.

-Elle est malade, faut l'emmener à la maison...

Chancelant légèrement sous le poids de son « fardeau », il commence à s'éloigner vers la maison. Je marche à ses côtés, pensivement. Je n'avais jamais vu le vrai visage du désespoir, pourtant je l'ai reconnu, peint sur les traits de cette fille... Je m'inquiète, pour son état de santé, bien sûr, mais surtout pour l'état de son c½ur. Elle semble entièrement brisée, à l'intérieur... En arrivant à la maison, Tom la dépose sur son lit, dans sa chambre, puis la recouvre de sa couette. Ensuite, il installe une chaise à ses côtés et s'y installe. Face au regard qu'il me lance, je devine ce que j'ai à faire... Je sors de la chambre et vais préparer un bouillon de légumes que je dépose sur un plateau, accompagné d'une plaquette d'aspirine et d'un chiffon mouillé pour calmer la fièvre. Après réflexion, j'ajoute aussi un pot de nutella et trois cuillères. De retour dans la chambre, je pose le plateau sur la table de nuit et m'installe par terre aux côtés de Tom. Nous restons ainsi sans bouger, piochant de temps à autres dans le nutella. Elle dort d'un sommeil agité, baignée de sueur, parlant et s'agitant. Je pioche une phrase dans son baragouinage. Une phrase qu'elle n'arrête pas de répéter en se mordant les lèvres.

- Hilf mir fliegen, bitte... Hilf mir fliegen zu dir...

Je tend la main et lui caresse doucement la joue pour qu'elle s'apaise. Vers qui veut elle voler ? Qui pourrait l'aider ? Qui pourrait lui prêter ses ailes ? Tom applique sur son front le chiffon mouillé pour essuyer la sueur qui ne cesse de réapparaître sur son visage. Nous nous jetons un regard anxieux. Finalement, Tom se décide à briser le silence :

-On devrait ptêtre descendre manger et s'envoyer un film...
-Au pire on sera pas loin, si elle a besoin...

Il repose le chiffon sur la table de nuit et nous sortons tous les deux en silence, avec un dernier regard vers notre malade. Dans la cuisine, malgré la bonne odeur de pizza qui flotte dans l'air, l'ambiance n'est pas très détendue. Tom tape des petits coups pressés sur le bois de la table, me stressant un peu plus, faisant naître encore plus de questions dans ma tête.
Nous nous affalons devant la télé, mangeons en silence devant une série américaine cucul. Je repose mon assiette sur la table, à côté de moi, je sens Tom se lever du canapé. Je lui demande :

-Qu'est ce que tu fais ?
-Voir si elle s'est pas réveillée...

Il me lance un regard désolé. Durant quelques minutes, un silence gênant s'installe, pendant lequel il fixe son regard dans le mien. Finalement, il éclate :

-Oh Bill, je peux pas m'empêcher de penser à son regard... J'ai l'impression qu'elle va mourir d'un moment à l'autre et que si elle se réveille sans personne à ses côtés, elle va encore plus souffrir. J'ai l'impression que y a que nous qui pouvons nous occuper d'elle, que sinon elle a personne, que... C'est tellement compliqué à exprimer !
-Je ressens la même chose que toi Tomi.

Sans un mot de plus, nous nous dirigeons comme un seul homme vers la chambre de mon frère où dort le fruit de nos inquiétudes.


Je me prends la tête dans les mains. Près de moi, sur la chaise, Tom dort, penché en avant, un filet de bave aux lèvres. Le réveil indique 6 heures et demi du matin. Mes paupières lourdes commencent à se fermer mais je lutte de toutes mes forces contre ma fatigue, fixant mes yeux grands ouverts sur le visage de la jeune fille. Depuis quelques heures, il est plus paisible. Il ne reste plus que quelques gouttes de sueur, et elle a cessé de bouger et de marmonner dans son sommeil. Je détaille pour la millième fois les courbes de son visage, son menton fin, son nez droit, ses sourcils arqués, sa bouche bien dessinée, ses paupières qui frémissent... Qui frémissent ?

Fin POV Bill



New Blog Perso =)

# Posté le vendredi 23 novembre 2007 15:48

Modifié le samedi 24 novembre 2007 06:43

CHAPITRE 7

CHAPITRE 7
Du bist nicht alleine – Ich bin da, an deiner seite
Wenn du nach mir greifst – Dann halt ich dich


J'ouvre les paupières avec difficultés. Je me sens si bien, ici, que je voudrais y rester pour toujours... Pourtant, qu'est ce que je suis fatiguée... Et ma tête... Heureusement que c'est silencieux, ici. Mon regard tombe sur une silhouette fine, assise en tailleurs par terre. Une silhouette que j'ai contemplée tellement de fois, me rattachant à ses mots. Ces mots que j'aurais tant aimé entendre dans la bouche de mes proches. Mais il n'y avait lui que pour me les dire, pour m'aider à y croire. Je me rappelle si bien de toutes ses heures étendue sur mon lit, savourant ces mots si forts que jamais personne ne m'avait jamais dit, mais que j'aurais tellement aimé entendre : Ich glaub an dich, Je crois en toi. Oui, il n'y avait bien que lui pour me les dire ces mots, il n'y avait que lui pour m'aider à me donner l'illusion que quelqu'un croyait en moi, juste lui. Bill Kaulitz. Cet être si parfait. Le seul ange en enfer. Ce garçon extraordinaire, que j'avais tant rêvé rencontrer. Une joie sourde monte en mon corps, vainquant peu à peu la fièvre brûlante qui a pris possession de mon corps. Je me fous que ce ne soit qu'un rêve, que ce ne soit qu'illusion, c'est un des plus beaux moment de ma vie que cette vision qui est apparue au pied de mon lit. Je sens un sourire venir meubler mon visage, et laisse la fatigue s'emparer de moi. Mes paupières se ferment doucement devant la vision du visage de cet ange, illuminé d'un sourire soulagé...


Le contact d'une main douce sur ma joue me tire à nouveau du sommeil. Je reste sans bouger, les yeux fermés, savourant cette marque d'affection et de soutien. Mon dieu que cette main est douce, fine, légère... Je finis par ouvrir les paupières, découvrant cette courbe de menton si fine que je connais par c½ur, ce piercing à l'arcade que j'ai si souvent admiré. Je me sens mal, mais mal... Bill me parle, mais je ne comprends pas ce qu'il dit. Je le vois me tendre un verre d'eau et un comprimé avec un sourire encourageant. Je prends le médicament sans le quitter des yeux. Puis il s'assoit sur le bord du lit. Tout à coup, c'est comme si j'avais appuyé sur le bouton d'une radio et je comprends chacun de ses mots. Il parle d'une voix douce, rassurante.

-Dis moi qui tu es, s'il te plaît. Explique moi ta tristesse. Raconte moi ton histoire, pourquoi tu es là, pourquoi tant de désespoir t'habite. Je suis là pour t'écouter, si tu veux...

Je prends une grande inspiration. Mon cerveau sort peu à peu d'un brouillard trouble, s'accrochant à l'image du visage qui est en face de moi, à sa voix. Une goutte de sueur vient lécher mon front une fois de plus. Pourtant je me sens prête à lui dire, je sens que j'ai n'ai pas le choix, que je ne peux plus attendre. J'ai besoin de le dire, dire ce que j'ai gardé en moi durant trois semaines, trois longues semaines et que j'ai gardé intact. Je parle, parle, laissant partir ma souffrance avec mes larmes, fixant de toutes mes forces mon regard dans ses yeux noisettes. Je lui raconte la mort de ma cousine et l'énorme vide qu'elle a laissé en moi. Je lui raconte le grand trou noir dans lequel j'ai failli sombrer, mais au bord duquel je me suis accrochée, ne pensant qu'à eux et leur musique, leurs mots si forts, qui m'ont aidé à garder la tête hors du gouffre, qui m'ont redonné l'espoir et la détermination qui me manquaient. Je lui parle de mon voyage jusqu'à eux, de mon arrivée joyeuse en Allemagne. De toutes ces journées passées à les attendre, écrivant sous le grand peuplier du parc de Loitsche. Je lui confie le découragement qui s'est ensuite emparé de moi.

-... Je commençais à ne plus y croire, à me dire que jamais je ne vous verrais, que jamais je ne pourrais vivre ma vie sans Clo, que jamais je n'arriverais à l'oublier...

Je lui expose la façon dont je suis restée dans ma chambre d'hôtel, allongée sur mon lit sans rien faire d'autre que souffrir en silence. Puis le matin où le patron de l'hôtel m'a aidé à sortir de ma torpeur. Où je suis sortie de ma chambre et suis revenue à Loitsche, écrivant sans m'arrêter sous le grand peuplier. Je lui parle de la lettre de 40 pages recto-verso que j'ai écrite pendant tout ce temps à ma cousine avant de signer d'une simple étoile noire, en bas de la dernière feuille. Et enfin ma marche dans les rues en chantant cette chanson de tout mon c½ur, chantant ma solitude, ma tristesse, mon désespoir, m'accrochant à ce chant pour ne pas m'écrouler. Je lui répète que jamais je n'ai cessé de penser à eux et leur chansons, que toujours je me suis persuadée qu'il existait de bien pires maux que les miens et que j'arriverais un jour à m'en sortir. Que toujours, leur image et leurs mots m'ont aidée pour tenir, pour continuer toujours un peu plus loin, pour avancer un peu plus, pour me retenir de rejoindre ma Clo. Je lui raconte que, toute ma vie, je n'ai jamais reçu de soutien de la part de personne, que seule ma cousine était là pour me soutenir dans ma vie, que toute mon existence j'avais cherché quelqu'un pour me donner tout l'amour que je n'avais jamais reçu, mais que je ne l'avais jamais trouvé. Que chaque jour je me réveillais en me disant que peut être aujourd'hui quelqu'un voudrait bien me tendre la main. Mais ce moment n'était jamais venu. Je l'attendais toujours. Une larme coule lentement le long de ma joue, la fièvre reprend le dessus, j'essaye de lutter mais elle revient, toujours plus intense, toujours plus brûlante, mes yeux sont ouverts mais je ne distingue plus rien à travers mes larmes et ma douleur. Je sens une main se saisir de la mienne. Une main douce aux doigts fins qui me serre fort et m'aide. Et puis une voix, un souffle tout près de mon oreille. Un murmure qui constitue le début d'une nouvelle vie pour moi. Une promesse pleine d'espoir pour cette nouvelle existence qui débute. Trois mots que je n'oublierais jamais. Trois mots qui se sont confondus dans mon esprit avec tous les autres mots de la chanson qui porte leur nom. Trois mots qui signifient tellement de choses.

« Ich bin da... »





Pour ceux que ca interesse, Gustav le petit ecureuil, et mort foudriyer par la foudre alors qu'il mordillait un galnd >< Rassurer vous, il na eu aucune douleure =D

# Posté le lundi 26 novembre 2007 14:18

EPILOGUE

EPILOGUE
Das ist der letzte tag, das ist der letzte tag - Ist das der letzte regen bei dir oben auf'm dach
Ist das der letzte segen und unsere letzte nacht - Hat unser ende angefangen

Egal - Wir sind ja noch zusammen
Und wenn du bleibst dann sterbe ich – Noch nich' – Noch nich'


-Maman ! Maman ! Regarde ! Je vole !

Je jette un regard amusé vers ma fille, sur la balançoire du jardin, qui virevolte toujours plus haut, riant aux éclat, ses longs cheveux d'un noir de jais volant dans le vent. Mon regard parcoure l'horizon, du jardin à la maison. Mon horizon. Je recommence à étendre mes T shirt sur le fil à linge, le c½ur gorgé de joie. La petite saute de la balançoire et viens me rejoindre, me tendant gentiment les vêtements pour que je les attache au fil. Je la gratifie d'un gros bisou sur le front et nous nous dirigeons toutes les deux vers la maison, portant le panier à linge vide. Une fois rentrées, je m'installe sur le canapé du salon et met un CD dans la chaîne. J'écoute avec délice, mes lèvres formant silencieusement les mots des paroles. Ces mots qui m'ont sauvé la vie, en quelque sorte. Anna vient se blottir contre moi, écoutant elle aussi la musique. Une porte s'ouvre à un bout de la maison mais nous n'y prenons pas garde, continuant à chanter. Je vois des étoiles briller dans les yeux de ma fille tandis qu'elle chante « du bist der geilste unter vollidioten ! ». Je me rappelle que c'est cette phrase qui m'a toujours remonté le moral quand j'allais mal, qui a toujours réussi à me faire rire après mes larmes. Une voix résonne derrière nous, une voix grave à l'accent moqueur.

-Dites donc, personne n'est là pour m'accueillir, mesdemoiselles ?

Anna se retourne aussitôt et saute au cou de l'homme avec un grand cri de joie.

-Papaaaaaa !!! T'es rev'nu !!!

Il la saisit dans ses bras et la fait virevolter dans les airs en riant. Je les regarde, attendrie, comme à chaque fois que je surprends cette complicité entre le père et la fille. Il n'a pas vraiment changé depuis toute ces années. Toujours cette ligne de menton si fine, ce regard brillant, cet incorrigible sourire en coin, cette beauté désinvolte. Bien qu'il ait abandonné ses innombrables conquêtes d'une nuit, ses casquettes et ses dreadlocks, Tom Kaulitz est toujours le même, au fond de son c½ur. Bien qu'il ait à présent 32 ans, il est toujours aussi vantard et –hélas pour ses chevilles- toujours aussi irrésistible. Il a à présent une magnifique chevelure châtain aux reflets d'or mi longue et un nouveau piercing dans le nez, à l'opposé de celui qui orne sa lèvre. Tom pose Anna par terre et s'assoit à côté de moi, faisant glisser ses bras fins sous mes jambes et ma nuque pour me hisser sur ses genoux. Je l'embrasse avec délice, savourant le goût de ces lèvres qui m'ont tant manqué . Tokio Hotel existe toujours, séduisant toujours un public aussi important. Et, bien que les fans soient un peu plus vieux qu'auparavant, ils sont toujours aussi passionnés et envahissants. La façon d'aimer Tokio Hotel ne changera jamais...
Je me blottis dans les bras de Tom et lui murmure :

-Où s'est caché Bill, cette fois ?

Il sourit mystérieusement. Un grand éclat de rire nous parvient de sous le canapé où nous sommes allongés, dans les bras l'un de l'autre. Je soulève la couverture qui le recouvre pour vois sortir avec difficulté la réplique longiligne aux long cheveux bruns ébouriffés de l'imbécile qui se tord de rire en me serrant contre lui. Bill époussette son pantalon avec un grand sourire.

-Tu devrais aspirer plus souvent sous ton canapé, Vi' !
-Je pouvais pas prévoir que quelqu'un allait avoir envie de s'y cacher, patate !

Je commence à lui courir après dans tout le salon en rigolant comme une tordue. Affalé sur la canapé, Tom nous crie dessus pour nous encourager. Soudain, la porte s'ouvre et nous voyons entrer Anna. Elle nous regarde avec un regard amusé, ce qui nous fait immédiatement stopper nos activités pour le moins infantiles. Avec des regards d'enfants pris en faute, Bill, Tom et moi prenons Anna par la main et l'entraînons vers le jardin. Nous nous allongeons tous les quatre dans l'herbe, respirant à pleins poumons l'air de la nuit. Je crois que je n'ai jamais été si heureuse qu'en cet instant. Je prends doucement ma fille dans mes bras et lui dit, au creux de l'oreille :

-Regarde ma chérie, regarde comme les étoiles brillent fort...


---------------- Das Ende ----------------




Voilac'est la fin !! Je met ma nouvelle fic, des que j'ai fini de l'ecrire =D

# Posté le lundi 26 novembre 2007 15:04

HEY =D

Me revoila ^^

Cayé jai fini de lecrire !!

Mais je vais cree un nouveau blog pour la mettre car celui la na pas beaucoup de succé ! --'
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# Posté le mardi 18 décembre 2007 03:37